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- Sujet : (petrov twins) ✧ devils under the pale moon light     28.05.18 0:50




devils under the pale moon light
featuring. @petrov isaak


all with style - Ton rire résonne une dernière fois avant que tu ne te décides à te séparer du banc de requins qui t’accompagne cette nuit. Ils te saluent chacun un par un, mannequins et autres prétendants à la gloire, feignant l’amitié dans ce milieu si hostile à coup de sourire crispé et autres tapes dans le dos. Au moins, ce soir n’a pas été si difficile à vivre, tu as bien ri, souvent à leur dépens quand les plus alcoolisés trébuchaient un peu trop ou que les cerveaux s’enlisaient dans la bêtise. Mais à peine t’es-tu détourné d'eux que tes yeux rencontrent le ciel comme pour le remercier que ce soit enfin fini. Tu dois cependant contrôler encore tes pas pour ne pas paraître suspect à vouloir mettre une distance entre eux et toi, tu sais très bien qu’ils t’observent toujours. Fidèle à ton rôle, tu fais mine de tanguer un peu, comme si l’alcool avait un véritable effet sur toi. C’est bien un des rares clichés sur les Russes que tu remplis à merveille, celui qui prétend que la boisson ne vous fait rien, mais tu te retiens bien de t’en vanter, quand on te pense alcoolisé on peut parfois te montrer son vrai visage.
Enfin, tu entends les rires s’éloigner loin de toi et tu laisses tes pas s’accélérer pour te fondre dans l’obscurité. La nuit est bien entamée, tu te demandes si tu verras les premières lueurs du soleil avant de renter chez toi. Malgré ta soirée et ta journée de travail, tu n’es pas fatigué et choisi de faire le trajet à pieds, sûrement à cause de l’adrénaline de la fête et des pensées qui se sont invitées dans ton esprit. Pendant la soirée, vous avez parlé de vos familles respectives à cause de l’un d’entre vous qui a dû partir à cause d’un appel urgent. Enfin parler, tu t’es contenté de les écouter, évitant de répondre en déviant la conversation ou en trouvant un prétexte pour t’éloigner du groupe. Ta famille, tu y penses parfois. Même si elle se résume à un seul être à tes yeux, elle te manque plus que tout. Son souvenir te frappe à chaque fois que ton regard se pose sur ton tatouage, à chaque fois que ton reflet apparaît, si bien que tu penses devenir fou. La nuit, tu te demandes si tu n’aurais pas mieux fait de rester avec lui, perdu dans le manoir familial, quitte à mourir asphyxié par un monde devenu trop petit pour toi. Tu te demandes si tu n’aurais pas dû l’implorer à genoux de te suivre, de partir avec toi quitte à ce qu’il te méprise. Et parfois, terriblement égoïste, tu aurais aimé qu’il prenne les devant pour te retrouver. Dire qu’en arrivant ici, tu pensais que ce manque s’effacerait, que le trou béant dans ta poitrine finirait par se refermer à force d’ambitions démesurées. Tu as été si naïf. Il est présent dans chacune de tes pensées, si présent que tu en deviens presque paranoïaque. Comme quand vous êtes passés devant le casino, encore maintenant tu te demandes si tu n’as pas rêvé cette crinière blanche et ses traits si familiers, pourtant, ça semblait si réel… Trop réel. Comme les mains de cet homme qui a refusé d’arrêter la voiture pour que tu puisses rejoindre Isaak, un frisson violent te traverse à cette pensée.

Tu lèves la tête pour vérifier que tu es bien sur la bonne route et tu t’arrêtes soudainement en remarquant que tu as pris la mauvaise direction. Ah, peut-être que finalement l’alcool a eu un peu d’effet sur toi. Pourtant, tu ne fais pas demi-tour net, tu te sens observer depuis ta sortie du club et même si tu t’es perdu dans tes pensées, tu as gardé un rythme soutenu et une main fermée sur la bombe au poivre dans ton sac. Pour en avoir le cœur net, tu tournes dans une rue plus étroite et t’arrêtes pour observer la suite. Une silhouette approche et semble surprise de te voir planter là à l’attendre ce qui provoque un petit sourire amusé sur tes lèvres avant que tu ne la reconnaisses. Tu penches la tête sur le côté, le sourire devenu crispé quand tu lui demandes avec un ton moqueur et provocateur : « je peux t’aider mon cœur ? »
La personne se rapproche, un de tes « collaborateurs » de ce soir, sûrement de ceux que tu détestes avec le plus de passion. Ça te semble étrange qu'il soit là, tu te rappelles qu'il est parti plus tôt que le reste du groupe, après s’être pris un nouveau rejet de ta part quand sa main s’est trop perdue sur ta cuisse. Ses gestes déplacés, tu n’en veux pas et tu sais très bien qu’il ne t’est d’aucune utilité, sans oublier que c'est si divertissant de le voir atteint dans sa petite fierté. Et puis, il te met bien trop mal à l’aise, surtout maintenant qu’il t’a suivi et qu’il semble bien trop alcoolisé pour accepter un nouveau rejet. « Dante... » Tu recules quand il s’approche, perdant ton sourire et fronçant les sourcils quand il recommence à te faire des avances sans une once de honte. Tu le rembarres, une fois, deux fois, le ton monte rapidement entre vous et tu te demandes combien de kilomètres de shot il a bu pour pouvoir être aussi imprudent au milieu de la rue, si quelqu'un d'autre vous entend, ça pourrait finir très mal pour vos carrières. « Dégage putain, je veux pas de toi ! » Finis-tu par lâcher, trop excéder pour continuer à être suave. Alors il t’insulte, rien que tu n'es jamais entendu, et s’élance vers toi, bien plus rapidement qu’il le devrait pour quelqu’un d’ivre. Tu te prépares à l’esquiver et à sortir ta fameuse bombe quand tu remarques une seconde silhouette derrière lui. Ton cœur rate un battement, tes lèvres s’étirent et tes yeux deviennent humides. Tu te figes, le temps avec toi. Isaak.
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- Sujet : Re: (petrov twins) ✧ devils under the pale moon light     29.05.18 23:55




devils under the pale moon light
featuring. @petrov mikhaïl


the devil arrives - Le ciel s'était enveloppé de son manteau noir depuis bien longtemps maintenant. Les étoiles apparaissaient une à une dans l'obscurité de la nuit, parsemant son insensible voile sinistre de leur poussière glacée. Et inexplicablement, Isaak s'était surpris à les admirer de là où il était. Pour sûr qu'il n'avait pas l'habitude de voir un ciel pareil en Russie. Chez lui, chez eux, seul le vide et le silence les entouraient, au même titre que le froid pesant qui régnait dans le manoir. Pouvait-il même appeler cela un chez lui maintenant ? Il était parti à présent et il n'y remettra plus jamais les pieds. Encore moins si c'était pour le revoir, lui, cet infâme. Peut-être bien que s'ils se revoyaient, Isaak mettrait à exécution son rêve le plus cher : l'embrocher au bout de sa flèche à la Lannister. Un sourire dépeignit le plaisir malsain qui avait animé ses pensées tandis qu'il prit une gorgée d'eau-de-vie. Mais en observant une nouvelle fois la lune de ce soir, il se demanda si c'était vraiment ça, le goût de la liberté. Si, au fond, il ne manquait pas quelque chose à l'équation. C'était sûrement pour ça qu'il était venu là. Pour partir à sa recherche. Combien de temps s'était-il écoulé depuis qu'il ne l'avait plus vu ? Ce visage si semblable et pourtant si différent du sien. Parfois Isaak s'était imaginé sa vie s'il l'avait suivi dans son odyssée délirante, s'il avait eu l'audace de jeter son égoïsme, s'il avait ouvert les yeux un peu plus tôt. Il aurait dû l'écouter, il aurait dû laisser sa main rejoindre la sienne à ce moment-là, mais il était resté figé devant ses principes, figé par le froid ardent.
Mais Isaak avait réussi à le retrouver, son frère jumeau. Il avait usé de ses moyens à disposition et le voilà aujourd'hui, à le regarder de loin parce que ce n'était jamais le bon moment. Qu'y avait-il à dire après tout ce temps de toute manière ? Les mots bloquaient encore dans la poitrine d'Isaak, si bien qu'il crut ne jamais pouvoir s'en défaire. Mais l'attache qui les reliait signifiait tellement pour lui qu'il n'avait pas pu s'empêcher de rester près de lui, à voir ce qu'il était devenu, comment il vivait loin de lui, s'il était heureux. Peut-être était-ce le mieux pour le moment, n'est-ce pas ? Qu'il garde ses distances, qu'il se fasse discret. Comme jamais il ne l'avait été.

Et cette fois encore il ne faillit pas à sa tâche. Ce soir-là encore, Isaak veilla silencieusement sur son frère, toujours autant tiraillé par l'envie d'aller le voir, de se montrer à lui. Cette nouvelle occasion toute offerte était-elle la bonne ? Mais bien vite, d'autres pensées le traversèrent. Lui aussi l'avait remarqué, cette ombre grotesque qui suivait aveuglément sa moitié au point de ne plus savoir où elle allait. Bordel, mais pourquoi diable Mikhaïl allait-il dans un endroit pareil ? Les sens en émoi, Isaak se dévoilait peu à peu, arborant des prunelles soudainement sombres de démence. Il les entendit hausser de plus en plus le ton, jusqu'à que les choses dérapent. L'air impétueux, le Petrov s'était rapproché d'eux, éclatant par la même occasion sa bouteille sur le crâne de l'intrépide, le noyant pour de bon dans les effervescences de l'alcool. Ce coup sembla suffir puisque son corps retomba lourdement sur le sol, probablement inconscient, avant même qu'il n'eût le temps d'atteindre Mikhaïl, mais il ne se gêna pour lui donner un coup de ventre, se retenant vivement d'écraser sa tête de... « Salaud. » dit-il, le ton empli de hargne. Personne ne s'en prenait à son jumeau, encore moins des moins que rien de son genre. Dans le mouvement, il avait remis ses cheveux blancs en place, contraste flagrant avec la beauté de la nuit.

Et ce fut là que son regard croisa le sien, luisant, ému. Isaak n'aurait jamais cru qu'une vue pareille le déconcerterait aussi facilement. Néanmoins, il reprit bien vite contenance, affichant ce sourire si espiègle et si mutin qui lui allait si bien au teint. « Bah alors, Dante, on a réduit ses fréquentations à des nullos pareils ? Heureusement que je suis là pour remonter la barre. » lâcha-t-il en réduisant une nouvelle fois la distance qui les séparait, tout en prenant bien la peine d'écraser la jambe de celui qui était à terre. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait plus eu la sensation d'avoir un miroir en face de lui, qu'il ne l'avait plus vu d'aussi près. Une main s'hasarda dans les cheveux son frère. À force il avait fini par oublier comment les gestes affectueux fonctionnaient, mais celui-là suffisait non ? « Heureusement que ton frère est toujours là pour te sauver, hein. Tu m'as... manqué. » murmura-t-il tout bas, ayant prononcé les derniers mots dans leur langue natale. Celle qui les liait. Comme si cela avait suffi à ranimer la flamme qui autrefois les rendait aussi forts, aussi inséparables.
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The Petrov manor was a strange place to be born and to grow up, all the neighbours around knew it. The Petrov were odd, abnormal, mysterious. No one dared to come too close from them, too scared to have one less limb or a crazier mind than the family's members themselves. Whoever would defy this accursed family would be cruelly paying for it with his life.
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- Sujet : Re: (petrov twins) ✧ devils under the pale moon light     04.06.18 19:49




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twice as pretty - Isaak. Pourquoi maintenant ? Après tout ce temps, le voilà qui réapparaît comme un rêve devant toi. Le même visage malgré le temps passé, le même regard qui te transperce sans même un effort. Pourtant, il te semble différent, un peu, beaucoup, mais tu ne mets pas le doigt sur ce qui a pu changer. Peut-être ce sont tes souvenirs qui se sont déformés pour se calquer à ton propre reflet, à part ton propre corps, tu n’as pas emmené de souvenir de lui avec toi. Cela t’aurait bien trop donné envie de revenir vers lui, dans votre prison dorée qu’il arrivait encore à tolérer, aussi égoïste dans ses positions que toi dans ta fuite. Tu as appris à vivre avec ce souvenir et le manque qu’il t’a laissé, ce manque qui rend amer chacun de tes accomplissements.
Et voilà que tout se fracasse, comme cette bouteille d’alcool sur la tête de ta chère connaissance ivre. Cette illusion qui t’a aidé à percer tes blessures alors que tu joues les diables dans ta nouvelle vie, sournois et fourbe, tu as presque réussi à berner ton propre esprit. Isaak est là devant toi, et sa simple présence réveille toutes ces voix que tu as tues. Mais tu aurais dû t’en douter, tu te sens observer depuis si longtemps, peut-être as-tu cessé d’espérer. Le « salaud » te fait sourire, fissurant alors ton masque de surprise. Cette voix, cet air espiègle, cet éclat dans le regard, ça ne pouvait être que lui, Isaak. Oubliant l’homme à vos pieds, inconscient par le coup et par l’alcool, tu amorces un pas pour rejoindre ton frère. Ton jumeau. Ta moitié. Tu réponds à son sourire, malgré ton regard si agité, il n’y a que lui pour pouvoir te voir baisser ainsi la garde. Il n’y a que pour lui que tu acceptes d'enlever le masque, qu’il connaisse tes moindres faiblesses, tu t’en moques, tu accepteras chacun de ses jugements. Une grimace, pourtant, tord un instant tes lèvres quand tu l’entends prononcer ton nom de scène. Dante, aussi plaisant ton nom semble dans la bouche des autres, tu as l’impression d’être un étranger quand c’est la sienne qui le prononce. Tu chasses cette pensée dérangeante en levant les yeux au ciel, riant légèrement à sa plaisanterie et à sa légère prétention. Ce n’est pas toi qui le nieras, bien sûr que pour toi, ton frère est bien meilleur que les autres. Il partage ton sang après tout, ça lui fait déjà une qualité qui le place au-dessus du reste des mortels. « Prétentieux, tu n’as pas changé. » Souris-tu en laissant éclater ton rire au milieu de la ruelle, « tu serais surpris d’avoir de la concurrence, tu sais. » prétends -tu avec un sourire en coin, ce n’est pas entièrement un mensonge, tu as quelques autres personnes qui attirent de plus en plus de considération, presque trop, mais ils ne sont pas de taille face à Isaak.

Quand sa main vient se perdre dans tes cheveux, main rendue maladroite par le temps et la distance entre vous, tu te rapproches un peu plus et accentues le contact. Ce n’est pas pareil que dans votre enfance, bien sûr, vous avez grandi, vous avez changé. Vous qui avez été si inséparables, ça te fait physiquement mal de sentir un écart entre vous. C’est peut-être pour cela que tu n’es pas allé devant ce casino pour essayer de retrouver sa trace, que tu as laissé cette impression d’être suivi au stade de simple impression, sans la confirmer. Tu t’es retenu, de peur de te laisser avoir par une illusion, tu t’es retenu peut-être aussi de peur que la réalité soit trop douloureuse. Que ton égoïsme ait aussi eu raison de vous.
Mais ses mots te font espérer, ton frère est toujours là. Tu te rapproches assez pour le serrer dans tes bras, enfouir ton visage dans son cou, se moquant bien qu’il rit de toi, qu’il te trouve puéril. Tu n’as jamais demandé l’autorisation avec lui, tu n’as jamais calculé ton comportement avec lui. Avec ironie, tu murmures « mon héros, toujours aussi modeste, à croire que je ne peux pas vivre sans toi pour veiller sur moi. » Est-ce vraiment de l’ironie, tu ne sais pas mais tu n’as jamais été aussi heureux de manquer de te faire agresser en pleine rue. Ses mots tout bas près de ton oreille te font frissonner, et tu ris une nouvelle fois sans le lâcher. Tu gardes tes bras autour de lui avant de répondre dans votre langue maternelle : « Toi aussi, tu m’as manqué. Beaucoup trop. Je pensais que tu ne viendrais jamais. » Comme si c’était lui qui était parti, comme si tu n’étais pas celui qui avait provoqué cette rupture. Puis tu continues « Je t’ai vu, devant le casino. Je n’ai pas pu te retrouver. » Tu tais la raison, tu sais qu’il serait capable de meurtre. Et tu as peur qu’il te méprise comme toi tu le fais.
Du coin de l’œil, tu remarques un mouvement et tournes ton regard assassin vers la source du problème. Ah, tu as presque oublié cet homme. Tu ne peux pas le laisser ainsi dans la rue, mais tu ne veux pas qu’il vous voie, ses mots pourraient causer préjudices à ton frère et entacher ta carrière. Tu te sépares alors de ce dernier, juste assez pour t’assurer que l’homme reste inconscient d’un nouveau coup de pied avant de sortir son portable et d’appeler les urgences. Tu donnes le nom de la rue avec une voix paniquée et sans décliner ton adresse, espérant que la gueule de bois et les coups suffiront à lui faire perdre la mémoire. Une fois raccrocher, tu poses l’appareil à côté de lui et prends son portefeuille, te servant dans les billets, autant joindre l’utile à l’agréable. « Ils croiront à un vol » dis-tu à ton frère en haussant les épaules. Tu le rejoins ensuite rapidement, regardant par-dessus ton épaule avant de lui prendre le poignet pour l’entraîner à ta suite. Tu ne le laisseras pas t’échapper. « Faisons vite, disparaissons avant que l’on nous voie. »
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- Sujet : Re: (petrov twins) ✧ devils under the pale moon light     10.06.18 23:17




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the devil arrives - Ce ne fut qu'en arrivant à sa hauteur qu'Isaak se trouva soudainement stupide pour avoir gardé ses distances pendant autant de temps. Peut-être bien qu'il lui avait manqué plus qu'il n'aurait aimé le croire. Lui, Isaak, qui se croyait depuis toujours insensible à la vie, aux sentiments, à tout ce qui l'entourait. Il avait toujours présumé que ces balivernes n'avaient pas de sens pourtant, que cela ne servait qu'à vous affaiblir l'esprit et le corps. Mais il fallait croire que son frère dépassait tout, au point de lui voler quelques serrements au cœur. Peut-être était-ce justement parce qu'il était son jumeau que tout était aussi simple avec lui. Ils étaient nés ensemble, ils avaient grandi ensemble, ils avaient souffert ensemble, et il aurait aimé penser qu'ils ne se seraient jamais lâché la main... jusqu'à ce jour. Mikhaïl était une part de lui-même qu'il ne pouvait négliger, alors forcément que cela avait fini par énormément compter pour Isaak. Au point qu'il en était venu à fermer les yeux sur ce trou béant qui avait décoré son cœur ces dernières années. Il avait joué les aveugles pour ne pas voir la vérité en face : il ne pouvait considéré le fait d'être séparé de lui. Quel imbécile il faisait.
L'entendre parler lui avait paru si surnaturel pendant un moment. Comme une hallucination onirique qui ne demandait qu'à être brisée. Il n'avait tellement pas l'habitude d'entendre sa voix glisser sur autre chose que les belles sonorités russes, mais l'important était qu'il le comprenait toujours. « Toi non plus, tu n'as pas changé... » avait-il soufflé. Identique à ses souvenirs, ou du moins ce qu'il lui en restait. Ou peut-être n'était-ce qu'une illusion qu'il créait lui-même ? Mais la minute d'après, Isaak sut que non. Mikhaïl était resté le même, ne serait-ce qu'avec lui. Un sourire étira ses lippes. Toujours aussi provocateur.

Et toujours aussi tactile. À l'étreinte, le russe hésita longuement à bouger, n'ayant jamais su quoi faire d'autre dans ce genre de moment que de rire d'un air railleur en lâchant des remarques telles que « Tu es si enfantin. » avant de se décider à refermer son emprise autour de lui, pour la toute première fois depuis si longtemps. Pour lui seul, il pouvait se permettre de montrer un semblant d'affection, car il était tout ce qu'il avait à présent. « Bien sûr que je viendrais pour toi, même si ça a prit du temps. » Et rien que pour ça, il rejettera la faute sur leur paternel. C'était lui, celui qui les avait séparés. « Imbécile, pourquoi tu ne m'as pas accosté. » réprimanda-t-il, à moitié sérieux. « Mais maintenant tu sauras que je travaille à ce casino-là. Si tu savais tout ce que j'ai à te dire. » Mais ce n'était pas le bon moment, ni le bon endroit. Et Mikhaïl l'avait bien compris lui aussi puisqu'il prit la peine de se détacher légèrement de lui, les sens à l'affût de la moindre chose suspecte. À commencer par cet homme au sol. Isaak ne savait pas réellement quel statut exact avait son jumeau à présent, mais il se doutait que le salaud en question pouvait être en mesure de lui porter préjudice de nouveau. Ayant confiance en lui, il le laissa faire, le regardant appeler les urgences avant de s'emparer de son porte-feuille. Sans qu'il ne s'en soit rendu compte, un sourire espiègle était apparu sur son visage. « C'est bien mon frère, ma parole. Je serai presque fier de toi. » avait-il déclaré en y ajoutant un rire. Tous les deux satanique à leur manière, non ?
Puis, sans attendre plus longtemps, ils quittèrent la ruelle. Mécaniquement, Isaak était venu loger sa main dans la sienne, comme auparavant. Lui non plus ne comptait plus le lâcher. « Tu habites pas loin il me semble ? Il nous faut un endroit pour parler, loin des oreilles indiscrètes. » Pour le coup, Isaak avait préféré continuer de parler dans leur langue maternelle, histoire de ne pas être entendu par n'importe qui. Et puis aussi parce qu'au fond, parler russe lui avait manqué. Discuter avec son frère lui avait manqué, bien plus qu'il ne l'aurait imaginé.

Deux jumeaux, errant dans la nuit, main dans la main dans le silence dans la nuit, et qui attendaient d'être en sécurité avant de se laisser véritablement aller aux retrouvailles. Et à force de le surveiller, il fallait dire qu'Isaak s'était rendu compte de beaucoup choses vis-à-vis de son frère. À commencer par où il habitait. Cela faisait un peu psychopathe, non ? Étrangement, cette pensée eut le don de le faire sourire lorsqu'ils arrivèrent en bas de son immeuble.
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- Sujet : Re: (petrov twins) ✧ devils under the pale moon light     26.06.18 0:05




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twice as pretty - Tu es si enfantin. Ton sourire apparaît au creux de son cou, tu ne peux pas vraiment le contre dire à dire vrai. Et si enfantin veut dire vouloir serrer son frère dans ses bras après une si longue séparation, alors tu acceptes d’être le plus enfantin de tous. Loin de ta moitié, tu as manqué de t’éteindre Mikhaïl, comme une flamme que l’on asphyxie dans sa propre fumée. Alors, quand ses bras se ferment sur ton dos, tu souris, quand sa voix résonne de votre langue maternelle, tu frissonnes. Ses mots ont toujours eu une mélodie particulière à tes oreilles, il suffit que tu les entendes sentir une force nouvelle couler dans tes veines. Il te rassure une nouvelle fois puis te traite d’imbécile pour ne pas être venu le voir. « Je n’ai pas pu arrêter la voiture… » Souffles-tu d’une voix qui sonne si faux, terrible excuse pour un souvenir que tu veux taire. Un fragment de mémoire si douloureux et malheureusement pas unique, mais comment avouer Isaak ces traumatismes dont tu as cruellement besoin pour nourrir ton ambition ? Comment lui avouer tes faiblesses ? Tu es idiot, tu te crois capable d’endosser tous ces secrets seuls, ces secrets qui te détruisent un peu plus chaque instant. Mais si Isaak sait… Tu le connais, par cœur. Tu connais aussi ses victimes, ces biches que tu traînais pour les camoufler aux regards colériques des adultes sans que ton jumeau le sache.
Tu chasses tes pensées, te concentrant sur ce qui sonne comme une promesse à tes oreilles. Tu es curieux de ses récits, de savoir tout ce que tu as pu rater de votre prison natale, de connaître pourquoi il a décidé de venir à toi maintenant. Mais avant ça, tu t’occupes de l’être indésirable qui gît à vos pieds. Tes lèvres s’étirent en un rictus fier quand il te complimente, riant avec lui et offrant un clin d’œil complice.

Quand tu le tires hors de la ruelle, tu sens sa main se glisser dans la tienne et une boule se forme dans ta gorge. Ça t’a manqué. Sa main comme façonnée pour la tienne, ta peau brûlante contre la sienne glacée. Tu accélères le pas, au loin résonne les sirènes d’une ambulance, avant qu’un détail te frappe. Dans un murmure, tu lui demandes, le ton perdu entre plaisanterie et une légère teinte de reproche « Depuis quand tu me suis ? » Un sourcil curieux se lève vers sa direction, amusé à l’idée qu’il ait pu voir tes nombreuses frasques et vexé qu’il ait attendu que tu sois en danger pour sortir de sa cachette.
Tu abandonnes sa main quelques instants pour composer le code de l’immeuble et lui tenir la porte pour qu’il te suive. Vous vous faîtes discrets, tes voisins sont parfois des langues de vipère. Ce n’est qu’une fois la porte de ton appartement fermée que tu respires de ton nouveau, la tête appuyée contre le bois et le regard mi-clos. Tu souris à ton frère avec fatigue, le contre coup de la soirée commençant à se faire ressentir. « Fais comme chez-toi. » Tu désignes le petit espace que compose ton chez-toi, bien assez grand pour vivre seul avec sa mezzanine mais un peu encombré avec tes nombreuses affaires accumulées sur les divers meubles. Heureusement pour toi, le plus compromettant est toujours bien rangé et difficile à atteindre. Après t’être débarrassé de ta veste, tu attrapes la chemise que Yeong Su t’a léguée sur le canapé pour la mettre sur un dossier de chaise. « Quelque chose à boire ? J’ai tout ce qui pourrait te plaire. » De ton côté tu iras doucement, tu ne veux pas risquer d’oublier un détail de ces retrouvailles. Préparant vos boissons puis lui tendant la tienne, tu hésites un instant. Il y a tant de questions qui te brûlent les lèvres, mais une seule arrive à les franchir. « Pourquoi maintenant ? » Pourquoi avoir suivi ta trace maintenant et non juste après ton départ, pourquoi ne pas avoir plus attendu, pourquoi, pourquoi, pourquoi… Tu as besoin de réponses, pour savoir si ce sentiment que tu ressens en voyant ton jumeau n’est pas trahison.
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