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- Sujet : Et vive les mariés... (Ji Moon + Aiden)     05.07.18 14:28




Et vive les mariés...
featuring. Eun Ji Moon + tenue

Cette musique tourne encore dans ta tête. Une marche nuptiale trop similaire à la marche funèbre. Si bien que les notes en deviennent confuses, les mélodies se mélangent et finissent par former une cacophonie qui te donne envie de hurler. Les jambes raides, le dos droit mais le visage penché vers tes pieds, tu attends péniblement que l'ascenseur finisse son ascension. Pas un mot n'est échangé avec celle qui est désormais officiellement ta femme. Vous n'en avez pas besoin pour savoir que vous haïssez respectivement ce moment. Et puis tu es épuisé, épuisé d'avoir prétendu toute la journée. D'avoir souris alors que tes yeux ne voulaient que pleurer. D'avoir ancré tes semelles dans le sol de cette église alors que tu voulais t'enfuir.
Tu as passé la cérémonie à t'oublier, à te forcer à faire le vide. N'être rien, plus personne. Juste une poupée articulée. Une poupée qui ne se déclenche que lorsque vient l'heure de sa réplique si bien apprise. Oui. Tu avais réussi à le dire, la boule au ventre, l'âme consumée. Durant un instant tes yeux s'étaient posés sur la statue d'un jésus cloué à sa croix derrière l'autel, et tu t'étais retrouvé à l'envier. Oh, tu aurais bien pu accepter la crucifixion si ça pouvait te sauver de cette fatalité. Cette union.
Mais rien n'est venu te sauver. Rien ni personne. Tout le monde a observé cette mascarade en silence, et puis ils ont tous applaudit comme si c'était une belle chose. Ils ont applaudit le meurtre de votre jeunesse, vos libertés volées, vos amours censurés. Et tu les as tous haïs sous ton sourire douloureux. Tes yeux ont fixés les rangs sans y trouver la trace de ton frère, ni celle de Shin. Pas certain que tu aurais pu supporter de les voir témoins de ton cauchemar, tu as néanmoins regretté de ne pas pouvoir te raccrocher à leur visage. D'y trouver de la force. Shin. Le fantôme qui t'a hanté lorsque tu as du te faire violence pour poser tes lèvres contre celles de Ji Moon. Le goût de son rouge à lèvre te causant des hauts le coeur, leur texture pourtant douce te donnant la sensation d'embrasser des épines de roses. Il est resté avec toi lorsque tu as marché dans l'allée à son bras, lorsque tu as dansé avec elle, lorsque tu t'es forcé a avaler le repas pour la bonne figure. Et là encore, il est présent, dans cet ascenseur qui semble ne jamais vouloir arriver à son étage...  

Ton estomac commence à être douloureux. Dangereusement douloureux. Aujourd'hui tu te sentais incapable de manger et, pourtant, le regard oppressant de ton père t'as fais vider ton assiette. Un marié à l'air dépressif qui ne touche pas son plat gourmet de cuisine française, ça dérange, ça présente mal. Alors t'as du combattre ton envie de vomir. Mais désormais, la nausée t'oppresse de plus en plus. Si bien que t'en viens à trépigner. Et, enfin, le tintement tant attendu se fait entendre, l'appareil s'immobilise et les portes s'ouvrent. Tu te rues hors de la cabine sans même un regard pour ta nouvelle femme. A grandes enjambées tu rejoins la chambre, facile à trouver puisque c'est bien la seule de l'étage. La suite nuptiale, luxueuse, écœurante.
Tu t'y engouffres sans ralentir, avec un but bien établi en tête: t'effondrer devant les toilettes, vider ce repas dont la signification te dégoute...
Encore dans ton beau costume scintillant, tu vomis les mensonges de la journée. Tu vomis de t'être trop contracté pour garder contenance, les organes écrasés par tes muscles. Tu vomis ta peine, parce que tu n'as plus le droit de la pleurer. Depuis que ton père t'as laissé cette hématome bien dissimulé sous ton fond de teint, les larmes te sont interdites. Tu dois redevenir un homme fort. Supprimer tes faiblesses si tu ne veux pas finir par rejoindre ton frère sous un pont. Un homme, un homme, un homme... A l'image de ton paternel. Fier et solide. Autant qu'un robot.

Ça te soulage presque de vider ainsi ton estomac. Même si la gorge te brûle. Péniblement tu te relèves tout en pressant la chasse d'eau. Tu te traines jusqu'à l'évier pour rincer ta bouche et tes yeux croisent ton reflet. Ton reflet de marié, celui que tu as évité toute la journée. Tu t'observes avec un sentiment d'impuissance qui te frustre. Désemparé face à ton allure détestable.
Tes poings se crispent. T'as envie de frapper cet homme qui te fixe. Tu refuses le destin qui lui est associé. Tu voudrais le briser en milliers d'éclats.
Ça bourdonne dans ta tête et tu finis par fuir ta propre réalité, tu aimerais qu'elle ne soit qu'un mirage au loin.
Tu retournes dans la chambre le coeur tambourinant. Et puis, tu la vois. Elle. Encore dans sa robe blanche.
C'est trop. Tu ne supportes plus, tu t'es trop retenu. Ton regard chavire vers les pétales rouges posées sur votre lit. Encore un détail qui te fait tourner la tête. Mensonge de trop. Dans ces quatre murs où plus personne ne vous voit, tu refuses de continuer à supporter plus longtemps la mascarade. Alors d'un geste impulsif tes mains frappent avec violence ces pétales semblables à des larmes de sang. Cette romance imposée et célébrée par l'hôtel comme quelque chose de beau. Tu refuses leur attention, leur suggestion. Tu les envoies sur le sol, hurlant ta frustration. "AISH!" Le ton rauque d'avoir vomi, roué d'être resté trop silencieux aujourd'hui.
Frénétiquement tu dégages le lit comme si tu avais été mordu par la rage, tu ne laisseras aucune pétale sur ces draps. A vrai dire, il n'y en as déjà plus... Pourtant tu continues de t'acharner. Comme si tu ne pouvais plus t'arrêter, tu as perdu le contrôle de tes nerfs.

Et c'est finalement vers ta femme que ta colère se tourne. En ayant fini avec les roses tu te diriges vers elle, le regard brûlant. Tu saisis brusquement ses frêles épaules pour la secouer comme une poupée de chiffon. "Pourquoi... Pourquoi il a fallut que tu sois dans ma vie hein ?! Pourquoi ?!" Tes yeux s'ancrent dans les siens à la recherche de réponses. Ils accusent, parce que c'est tout ce que tu peux faire. Remettre la faute sur elle, simplement parce que tu as besoin d'un coupable dans cette histoire, de pouvoir t'en prendre à quelqu'un. Ne pas t'exprimer dans le vide. Que la raison de ton malheur soit solide, palpable. Une chose contre laquelle tu peux t'en prendre.
Pourtant t'es bien conscient qu'elle ne fait que subir, elle aussi. Et si tu lui en veux de ne pas avoir dit non afin de tout arrêter, tu sais bien que tu ne pouvais pas te permettre qu'elle le fasse. Tu n'aurais pas réellement été libéré de ce mariage. Non, tes parents t'auraient fait payer ce refus. Tu aurais été responsable, responsable de l'avoir repoussée, coupable de ne pas l'avoir suffisamment séduite... Alors même si tes oreilles auraient aimer entendre ce mot, ce n'était pas envisageable de réaliser ce rêve. Il n'y avait pas de solutions, pas de miracle
Tenant toujours fermement ses épaules, tes doigts se crispent contre le peu de chaire qui recouvre encore ses os. C'est pas elle qui devrait être ici, dans cette hôtel avec toi. A profiter ce cette ambiance bien trop romantique. "C'est pas toi que je veux! T'es un poison qui m'a volé la seule chose que je voulais. Je te hais Ji Moon. JE TE HAIS !" Tu lui hurles dessus. Sans mesure. Parce que vous vous êtes mentis toute la journée, vous vous êtes tenus pour les yeux du public. Mais tu crèves d'envies de lui faire ces reproches, depuis l'aube que tu as observé se lever depuis la fenêtre de ta chambre, les yeux cernés par ta nuit blanche. "Je pourrais jamais t’aimer tu comprends ça ? Tu seras malheureuse toute ta vie. Et je vais m'assurer que tu le restes. Oh oui, crois moi. Parce que pourquoi je te laisserais avoir droit au bonheur alors que moi... moi je peux pas être avec..." Tu ne parviens pas au bout de ta phrase. L'homme que j'aime. Celui pour lequel ton coeur pleure aujourd'hui. Tu as réalisé tes sentiments bien trop tard. Trop tard que pour les lui confesser. Lorsque tu crevais d'envie de lui murmurer ces mots d'amours, tes lèvres ont été forcées de formuler un rejet. Tu l'as quitté à l'instant où tu as réalisé son importance pour toi. Ta dépendance. "Merde !" Tu termines finalement ta phrase dans cette exclamation, submergé par les émotions que te causent la simple pensée de Shin, la façon dont tu as du le laisser et l'idée que tu l'aies abandonné avec un coeur brisé. Tu te sens coupable. Coupable de l'avoir abimé un peu plus alors que tu savais pertinemment que ça ne pourrait jamais bien finir... Tu l'as entrainé avec toi dans un malheur que tu as vu venir. Egoïste. Tout ça pour quelques mois de frissons, de vie.
Tes mains repoussent finalement ta femme, si fort qu'elle en tombe sur le grand canapé qui fait centre dans la pièce. Et sans freiner ta frénésie, tu t'empares d'un vase de porcelaine posé sur la petite table proche. A grand éclats il se brise contre le mur sur lequel tu le projettes violemment. "AISH. Tout ça c'est TA faute !" Tu hurles dans ton geste. Et puis observant les fragments sur le sol, tu t'effraies toi même et ton corps tombe à son tour dans l'un des fauteuils. Tu enfouis ton visage dans tes mains, la respiration haletante. Tu trembles. Ne deviens pas un monstre, Aiden. Ne te laisse pas détruire. Mais n'est ce pas trop tard ? Putain.
Tu soupires longuement, parvenant encore a retenir tes larmes. Tu finis par relever le regard vers le corps drapé de blanc, échoué dans le canapé d'à côté. Celui que tu as secoué et brutalisé. "Autant que tu le saches, maintenant qu'on ne peut plus faire marche arrière de toute façon. J'aime quelqu'un. Et à cause de toi, j'ai du sortir cette personne de ma vie. C'est pour ça que... je te hais Ji Moon." Le ton plus calme, voir froid, tu lui avoues enfin d'où ta haine prend racine. Tu lui craches cet ultime reproche.  

gabi le loup




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- Sujet : Re: Et vive les mariés... (Ji Moon + Aiden)     19.07.18 16:45




Et vive les mariés...
featuring. @Bae Aiden + tenue


      Ji Moon avait déjà pleuré toutes les larmes qu'elle pensait posséder avant la cérémonie : Dans un geste de désespoir avant de traverser l'allée, elle avait appelé son petit-frère pour lui avouer combien elle ne voulait pas se marier, combien elle aurait souhaitait plutôt, ne jamais avoir existé. C'est encore déchirant de se remémorer cette appel, dans cet ascenseur à l'atmosphère pesante, les étages défilent vers un lieu dont elle rêvait il y a encore quelques mois. Ce mariage fût un terrible fiasco, dommage que personne ne s'en soit rendu compte. Ji Moon manqua de s'évanouir trois fois, elle eut même bénit Aiden d'avoir été accroché à son bras, l'angoisse, la déprime et la fatalité de la chose l'avait rongé jusqu'à l'os, c'est tout juste si elle tenait encore dans sa robe de mariée blanche à fleurs brodées. Ses chevilles avaient tremblé, son maquillage avait réussi à cacher son teint pâle et ses traits fatigués... Néanmoins, elle souriait. De son plus beau sourire bien-heureux, à vivre ce que toutes les fameuses princesses aiment à avoir un jour : Un mariage. Rayonnante Ji Moon qui avait sorti le grand jeu pour que personne ne puisse découvrir son secret. Leur secret bien gardé.

Sa gorge est sèche et serrée, elle déglutît douloureusement, les bras lâches, dépitée. C'est comme si elle avançait sans vraiment savoir où elle allait. C'est comme si elle n'était plus vraiment dans ce corps de poupée. Telle une caméra externe, la coréenne pouvait s'observer mourir, pas encore remise de ce baiser échangé, de cette danse et ce repas qu'elle fît semblant de toucher, trop occupée à tenir la discussion avec les invités, trop submergée pour pouvoir l'avaler. Aujourd'hui, elle fît tout pour occuper son esprit, pour ne même pas avoir la chance de se rappeler combien ce moment l'assassinait. Ji Moon parla politique, économie, courants boursiers et philosophie, elle débattu avec l'un de ses oncles et finit même par donner des conseils financiers à de futurs collaborateurs. Il faut dire qu'elle s'était battu contre ses démons et avait rangé la boîte de cachetons bleus, il fallait qu'elle se débarrasse de cette option de facilité et affronte le cauchemar de plein fouet : Tout pour ne pas repenser à cette nouvelle bague qu'il eut glisser à son doigt avec l'amertume emplâtrée sur son visage ; Ou peut-être l'a t-elle remarqué parce qu'au bout d'une année, elle sait comment son désormais mari sait bien lui aussi se cacher. Dans l'attente de l'ouverture des portes de l'appareil, la faim ne la ronge pas, elle qui pourtant à les côtes saillantes à la limite de l'immondice, elle se tient le poignet et soupire, c'est comme un poids qui lui a été ôté de ses épaules, plus de grandiose fête à devoir préparer, à devoir se faire mal pour un D-Day enfin révolu. La fatigue lui retombe sur les jambes et tandis qu'Aiden bondit dès que le « Ding » retentit, la mariée avance d'un pas  lent, des émotions effacées trônent sur sa face placide. La porte de la suite nuptiale est encore ouverte, elle s'y faufile et ne prend pas la peine de jeter un œil à l'endroit où leurs parents ont décidé de les crécher. C'est censé être romantique, censé aguicher les esprits charnelles et l'effusion intime mais rien.

Ji Moon, ça ne lui fait rien.

Son regard se tourne vers la valise que sa mère a rempli pour elle, car forcément, elle ne sait pas ce qu'il faut emporter pour une nuit de noce, voyons ! Sûr et certain, ce ne sont que des dessous affriolants, de la lingerie de satin, de soie et de dentelles qui seraient à son goût si la demoiselle ne se sentait pas aussi... Repoussante. C'est si étrange, elle qui n'avait aucun complexe, depuis ces fiançailles, tout à basculé. Tout. Toute sa vie. Sa façon de pensée. Son sourire et son innocence. Tout. Ma foi, quand elle y repense, qu'a-t-elle vraiment eu pour elle depuis son enfance ? Un terrible sentiment d'humiliation la prend et son menton se baisse, fixant ses pieds dans ses talons rouges qu'elle eut choisi avec Emi. Ses amis ont dû la supporter, la réconforter et la seule chose qu'elle ait pu faire en retour c'est les faire souffrir... Sans même le vouloir. Tout ça pour... Ça... Pitoyable Ji Moon...

      Sa tête se relève brusquement lorsqu'elle entend des pas rapides et une terrible voix offusquée dans la pièce. Ses yeux tombent sur ceux d'Aiden, à moitié surprise, à moitié apeurée, l'agitation la sort de sa torpeur et de sa culpabilité et son regard se maintient à celui du garçon, défiante. Non, elle ne peut pas le laisser l'intimider, elle ne peut pas avoir peur d'un garçon qui a l'air en soi, tout aussi pathétique qu'elle. Ses lèvres se pincent et ses muscles se crispent, serrant les poings jusqu'à en faire pâlir ses phalanges. Elle l'écoute, oreilles bourdonnantes et cœur tambourinant, cependant reste muette, ses intestins se nouent et ses cordes vocales se tordent, elle ne se fait pas confiance pour réussir à lui crier dessus, de le repousser et de répondre à ses odiosités. Alors l'épouse ne trouve qu'une seule solution : continuer à soutenir ce vis à vis qu'ils partagent, fronçant les sourcils et gardant la bouche grimaçante, patientant qu'il finisse de hurler en grinçant des dents. Ce n'est sûrement pas grand chose pour beaucoup, pour elle, c'est une révolution qu'elle ne se serait sûrement jamais promis si tout cela n'était pas allé aussi loin. Toutefois, Aiden n'a pas l'air de vouloir s'arrêter et alors qu'il continue de lui rabâcher toute sa haine et de déverser une rage qu'elle n'a pas mérité de subir, elle se convainc de soumettre sa parole, de dire un truc, quelque chose, n'importe quoi ! Sauf que le furieux la jette sur le canapé alors qu'elle avait entrouvert son clapet et c'est à ce moment-là, que la peur lui fait recroqueviller ses genoux frêles contre sa poitrine, se rappelant qu'elle n'est qu'une femme et lui un homme. Les mots lui manquent.

Elle qui avait toujours dit qu'elle aurait pu tomber sur pire, qu'elle aurait pu tomber sur un homme qui la bat, voir les éclats du vase par terre la tétanise et son souffle lui manque, la panique battant son plein !

Une proie fragile sur ce sofa de velours tentant de calmer sa respiration, le corps tremblant sous la frayeur mais aussi la furie qui l'avait tiraillée il y a quelques secondes à peine. Quand il parle, elle ne l'écoute qu'à moitié, encore coincé sur ces bouts de cristal éparpillés. Et ça monte, ça monte dangereusement. Ca dégouline même, quel affront, quel toupet ! Quel type ! Quel moins que rien ! Bon sang, Ji Moon a tout le visage qui se décompose sous la colère, la fureur et les émotions en tourbillon, l'emportement qui la gagne, c'est violent ! A s'en faire craquer la nuque ! Elle plante ses pupilles telles des poignards dans les siennes et détonne sèchement, un PAN, une déglagration « Comment oses-tu ?! » Un torrent de sanglots vient s'engouffrer sous ses paupières et elle se lève, rien à faire du verre craquelant sous ses chaussures ! « Comment oses-tu prendre cette excuse ! Comment oses-tu justifier ton comportement de la sorte, Aiden !» Elle s'enflamme et se braque, épaules tout à coup trop tendues, tordue et difforme sous cette férocité : « Comme s'il n'y avait que toi qui souffrait dans cette histoire ! » Et elle grogne cette insulte qui lui coinçait la trachée : « Pauvre minable ! Comme si je n'avais pas eu mon lot moi aussi ! Comme si tu ne m'avais pas déjà assez pourrie en retour ! » Un monstre d'un blanc pur, porcelaine fissurée, son masque est tombé. C'est surprenant, de la voir comme une bête en cage, à tourner dans la pièce, enlaçant le peu de sanité qui lui reste, pleurant chaudement sans un bruit, ne sachant que faire de cette hystérie qui la prend subitement. Aiden la haït peut-être toutefois elle, haït de se retrouver autant exposée : « Et franchement ?! Comme si j'avais envie d'être ici avec toi après tout ce que tu m'as fait subir ! Après tout ce que j'ai du endurer ! Ne te crois pas si intéressant ! Tu n'es pas important à mes yeux ! Tu ne l'as jamais été ! » Ses vociférations piquent et brûlent, Ji Moon voudrait se retenir mais ça dégouline, une éruption volcanique d'aigreur. « Alors non, c'est trop facile ! Trop facile Aiden, de me blâmer moi ! Je ne t'ai rien demandé ! Je ne t'ai pas supplié de m'épouser ! » Après avoir marché autour du meuble central, l'épouse se poste face à lui, une masse de tensions un quart déversée et statue avec ardeur, le contraire de son compagnon de chambre  : « Tu me détestes ? Soit ! Mais je ne t'ai jamais demandé de sacrifier quoi que ce soit, ni qui que ce soit ! Adresse-toi à la bonne personne et fous-moi enfin la paix ! »
gabi le loup


Na Na Na Lady ♪
Sailor Moon ☽Actually I’m waiting for you and I don’t do this to just anyone But even if you just pass me by. I don’t care. Boy, I don’t cry. There are a lot of men who go crazy because they can’t meet me so hurry up, I’m a busy lady
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- Sujet : Re: Et vive les mariés... (Ji Moon + Aiden)     09.08.18 21:15




Et vive les mariés...
featuring. Eun Ji Moon + tenue

Ta violence éclate. Toi l'homme qui encaisse sans jamais lever une main devient tempête. Trop de temps passé à refouler, à serrer les dents. C'est l'explosion du trop plein.
Qui es-tu donc à ainsi brasser de l'air dans tes grands gestes ? Pluies de pétales projetées sur la moquette. Enchaînement trop rapide de pas trop lourds. Voix presque brisée dans des vociférations. A tenir ta fiancée comme une poupée de chiffon, tel un objet que tu peux maltraiter. Quand donc as-tu appris à être si brutal ? Tu n'es plus toi même, tu ne te reconnais pas. Tu es brisé comme le cristal que tu as répandu au sol.  Ainsi fragmenté, tu ne sais plus comment fonctionner.
Ta femme ne s'est même pas débattue, résignée à encaisser ta saute d'humeur. Docile comme on lui a si bien apprit. Ou peut-être effrayée... Son manque de répartie te pousse a te questionner. Tu vas trop loin et tu dois redescendre. T'asseyant, tu tentes de laisser ta colère se calmer, pourtant tes mots restent acerbes, emplis de reproches non mérités. Elle est la seule cible sur laquelle tu peux vomir ta haine et tu ne te retiens pas.

Puis finalement, elle s'active. Comme si on avait appuyé sur un bouton magique dissimulé quelque part sur sa carapace robotique. Furie éveillée, chacun son tour semblerait-il... Ainsi donc elle est capable d'autres états que la léthargie. Ça te surprend et tu l'observes se lever pour te faire face et t'inonder à son tour de reproches. Tu les encaisses la mâchoire serrée, le regard brûlant de rancune. Planté dans ses iris larmoyantes. Tu la méprises de pleurer. Les larmes sont pour les faibles, c'est pour cela que tu apprends à ne plus en verser une seule malgré ton coeur détruit.
Son animosité est méritée, pourtant elle te fait grogner. Tu la refuses. Tu refuses les vérités qu'elle t'envoie au visage. Tu ne veux pas ouvrir les yeux. Juste rester aveugle dans cette situation, à lui reprocher toutes les horreurs du monde juste pour te sentir mieux, en prétendant que to, de ton côté, tu es irréprochable. Non, tu ne veux tout simplement pas admettre que tes fautes.
Alors à ton tour, tu te lèves dans un élan soudain pour lui faire face. La rage que tu avais commencé à calmer s'est remise à bouillonner. Trop facilement provoqué. Tu attrapes son frêle poignet pour la tirer à toi, plantant tes yeux noirs dans ses torrents. Tu beugles, menaçant. "Tais toi ! Comment t'oses me répondre ? Garde ta bouche fermée. Je ne veux même pas entendre ta voix. Fais ton boulot de femme et ferme là ! Sale p..." Mais tes mots s'étranglent. Tu t'interromps lorsque tes yeux croisent ton reflet dans le verre de la fenêtre derrière elle. Tu te fais peur. Choqué de tes propres actions, tu la lâches et recules, titubant. Portant une main à ton front que tu sens devenir bouillant. C'est peut-être ton début de fièvre qui te fait perdre la tête... Depuis ce matin tu n'es pas bien après tout, tu as du attraper quelque chose.. Une bien maigre excuse, toi même tu le sais.
L'impression d'être soudain égaré, tu continues de reculer sans savoir où poser ton regard troublé. "Je... Pardon...Tu as raison... Je ne voulais pas être violent. Ça ne me ressemble pas." C'est pourtant la seconde fois que tu réalises que tu vas trop loin. Le vase avait été ton premier avertissement, mais ça ne t'a pas empêché de remonter immédiatement sur tes grands chevaux. Tu as presque peur de ne pas savoir retenir une troisième impulsion, à perdre si facilement le contrôle. Tu te sens au bord de la bipolarité. A reculer, tes jambes percutent l'un des canapé sur lequel tu te laisses tomber. "Je ne sais pas ce qui me prend. Je me fais honte. Je... ne sais... plus qui je suis... Juste le pantin de mon père. Ma vie elle.... plus rien ne m'appartient." Tes mains commencent à trembler. Tu te sens désolé mais ça tue ta fierté d'admettre ton tord. "Ces émotions, je ne sais pas comment les extérioriser. Tu as raison, je ne m'adresse pas à la bonne personne, je t'utilise comme excuse. Mais pourrais-je affronter mon père hein ? Je ne peux pas. Je ne sais même plus à qui je peux parler, je suis forcé à tout garder en moi. Je n'ai plus personne à qui me confier et j'ai besoin d'exploser." Allen est parti, Antares aussi, Hyun Jun ne supporterait pas de t'entendre parler de tes peines de coeur alors que le concerné est son pire ennemi. Vraiment, tu n'as plus personne... Et pourtant, tu aurais tant besoin de parler, de te confier. Tout garder te rend fou. "Je... j'étais vraiment amoureux. Qu'est ce que je dis... je suis vraiment amoureux ! Et parce que je devais t'épouser, mon père m'a forcé à le quitter de la pire des façons." Ta confession sort comme un pansement arraché. Trop honnête, tu n'as même pas censuré le sexe de ton amant. Mais cela te fait uniquement ricaner froidement. T'imagines qu'elle n'a pas du manquer de le noter et tu ne corriges rien. Tu assumes, parce que tu n'as plus rien à perdre. Le mal est déjà fait, vous êtes unis par ces bagues, par contrat. "Ah... oui. Tu dois être surprise de m'entendre prononcer un pronom masculin. J'imagine que tu ne t'attendais pas à avoir un mari qui aime secrètement se faire enculer... La vie est vraiment une pute non ?" Ton rire est jaune. Pauvre fille au rêve de princesse pulvérisé jusqu'au bout. Tu t'enfonces dans un cynisme, te perdant un instant dans un lueur de folie avant de redevenir sérieux. Le visage se fermant à nouveau, continuant ta confession. "Toujours est-il que j'ai détruis l'homme que j'aime... Je lui ai lâchement brisé et j'ai peur des conséquences. Des conséquences pour lui. Et Allen... Je ne sais même pas où est mon frère. La dernière fois qu'il m'a parlé il parlait de suicide. Et moi je suis là. Coincé cette putain de chambre avec cette putain de bague au doigt. Et toi dans ta putain de robe blanche et je... ne sais pas quoi faire de cette situation." Tu ne sais pas pourquoi tu lui dis tout ça. Peut-être par désespoir, par ce que tu es trop seul. Ton pire cauchemar pourrait devenir ton oreille attentive pour ce soir... Vous êtes de toute façon coincés ensemble ici, et pour toujours.
Le regard abattu, tu lèves finalement les yeux vers elle avant de pousser un long soupire accablé. Ses joues humides t'insufflent aussi bien remords que jalousie. Tu voudrais pouvoir avoir sa faiblesse, éclater aussi en sanglot. Ne pas être forcé à devenir un automate pour ta famille, à devoir t'endurcir jusqu'à en perdre la tête. Du canapé, tu te laisses tomber au sol, à genoux. Brisant ta dernière fierté dans ce geste qui te coûte tout ce que tu as. "Je suis désolé pour mes humeurs Jimoon... Je suis tellement perdu... Et j'en veux à la terre entière. Je ne sais même plus si je suis triste ou en colère." Contre tes genoux, tes poings se resserrent sur ton pantalon. Ton visage coupable se baisse. Tu ne t'es jamais senti aussi pathétique. Plus que jamais, tu réalises à quel point tu restes encore un gamin. Un pauvre gamin de vingt-et-un ans à peine, propulsé dans une vie qu'il n'a pas la maturité de supporter. "On est vraiment des idiots pathétiques non ? Regarde nous... Riches comme des dieux mais malheureux à en crever. Ce monde doré est en train de me changer en monstre." Tu admets, riant amèrement à cette ironie. D'une certaine façon, tu réalises que tu auras probablement besoin de l'aide de cette femme non désirée pour ne pas sombrer et devenir cette être détestable qui semble s'emparer de toi. Bien que tu détestes cette idée... Vous êtes malgré tout ensemble dans cette misère. Elle aussi, devant y survire tout comme toi.

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